Le Topo de HotkimO

Ça prend de tout pour faire un blogue

Le coeur sur la main

J’ai toujours su et dit que mes parents avaient le coeur sur la main. D’ailleurs, ils viennent de me le démontrer à nouveau.

Ce week-end, nous étions chez mon cousin pour célébrer son anniversaire et l’inauguration de sa nouvelle demeure. Je discutais avec mon mari, ma tante et ma mère, lorsque celle-ci me présente son cellulaire et me dit : « Lis ceci, et traduis-le à Francis. ». Je m’exécute.

En résumé, ce que je lis se trouve à être une lettre de remerciements à l’égard de mes parents. C’est une dénommée Julisa qui les remercie pour tout ce qu’ils ont fait pour elle. Voyant le point d’interrogation dans mon visage, ma mère m’explique alors une superbe histoire, empreinte de bonté, d’amour, d’humanisme et de générosité.

Je me suis bien sûr empressé de lui demandé de m’écrire cette histoire, laquelle je vous livre ici. Histoire racontée par ma mère et traduite de l’espagnol.

L’histoire de Julisa

27 février 2010 : nous dormons quand, vers 4 heures du matin, le téléphone sonne. C’est mon beau-frère qui nous appelle d’Espagne pour nous annoncer la terrible nouvelle : « Il vient d’y avoir un énorme tremblement de terre au Chili. Il y a beaucoup de blessés, et … possiblement des pertes de vies humaines ! »

C’est avec beaucoup de peur et d’angoisse, que nous avons tenté de communiquer avec nos proches au Chili : sans succès ! Nous avons essayé d’entrer en contact avec nos proches pendant plusieurs heures, mais toujours rien. Impossible de rejoindre qui que ce soit. Nous étions tous très inquiets, car nous n’avions aucune nouvelle de notre famille. Cela a paru une éternité !

Un de mes neveux, qui se trouvait dans le sud du Chili lors du tremblement de terre, a finalement réussi à se connecter à Internet, et à nous donner des nouvelles par courriel. Grâce à lui et au copain de l’une de mes nièces, nous avons finalement pu obtenir des nouvelles de notre famille.

Heureusement, nos proches ne furent pas énormément affectés par ce terrible séisme. À l’exception de ma belle-soeur, dont le condo, qu’elle venait tout juste d’acheter, fut déclaré inhabitable.

Peu de temps après, nous avons commencé à obtenir d’autres nouvelles. Mais ça n’allait qu’en s’empirant : le tremblement de terre avait produit un tsunami dans le sud du Chili, lequel venait de faire disparaitre des quartiers entiers.

La communauté chilienne de Montréal a commencé à organiser des activités pour venir en aide aux sinistrés et victimes du séisme. Des dons étaient ramassés par l’entremise de la Croix Rouge et autres activités organisées par divers groupes de chiliens et québécois de Montréal.

Afin d’aider notre patrie, mon mari et moi avons participé à toutes les activités auxquelles nous avons pu. Mais quelque chose dans mon for intérieur, une petite voix dans mon coeur, me disait que je devais aider un peu plus.

J’ai donc parlé avec ma soeur Ana, qui se trouve au Chili, et je lui ai dit : « Anita, si tu entends parler de quelqu’un qui nécessite de l’aide, laisse-le-moi savoir car je voudrais aider quelqu’un directement. » Elle m’a répondu qu’elle vérifierait et me tiendrait au courant.

Quelques jours plus tard, j’ai de nouveau communiqué avec ma soeur et elle m’a raconté qu’il y avait une étudiante de l’Université du Chili qui, à cause du séisme, avait perdu sa maison. Et un malheur ne venant jamais seul, son père venait de perdre son emploi également à cause du séisme. Tous ces évènements firent en sorte que ses parents n’étaient plus en mesure de lui payer sa dernière session à l’Université, et si elle ne payait pas immédiatement, elle ne pourrait continuer et compléter ses études. De plus, il ne lui était pas possible de reporter son paiement. Cela lui avait été confirmé par l’assistante sociale de l’université. Cette étudiante, vous l’aurez deviné, c’était Julisa.

La pauvre petite était arrivée complètement démolie, et avait raconté tout cela à ma soeur Ana, puisque c’est elle qui s’occupait de recevoir les inscriptions et les paiements. Ma soeur ne pouvait malheureusement rien pour Julisa. Toutefois, sans rien lui dire, elle s’est dit qu’elle serait sûrement la bonne personne à qui venir en aide. Lorsque nous nous sommes reparlées, elle m’a raconté toute cette histoire. J’ai alors discuté avec mon mari, et nous avons décidé, sans la moindre hésitation, de payer les frais universitaires pour Julisa. Afin que cette excellente élève en administration des affaires (ingénieure commerciale) puisse continuer et finir ses études.

Par la suite, elle nous a écrit à quelques reprises pour nous remercier pour le geste que nous avions posé pour elle. Puis, nous n’avons plus vraiment poursuivi les échanges puisqu’elle devait s’occuper de ses études, et nous de nos emplois respectifs. Ce qui fait que de fil en aiguille, les courriels se sont faits moins fréquents, jusqu’à ne plus avoir de nouvelles du tout. Même ma soeur n’avait plus de nouvelles de Julisa, puisque cette dernière avait finalement terminé ses études. Par conséquent, elle ne fréquentait plus l’université.

Il y a deux jours, j’ai reçu un courriel de Julisa ! Elle me comptait qu’elle avait fini ses études et qu’elle avait réussi à obtenir un poste permanent dans une entreprise. Elle me disait également que sa maison était en reconstruction grâce à l’apport qu’elle pouvait maintenant offrir, dû à sa nouvelle situation financière. Cela lui permettait en plus d’aider à subvenir aux besoins de sa famille.

En lisant son courriel, les larmes me coulaient le long des joues. De grosses larmes de joie. La joie de réaliser que, plus souvent qu’autrement, un simple geste peut changer pour le mieux la vie d’une personne. Mais également de réaliser que c’est non seulement UNE personne que l’on vient d’aider, mais plutôt une chaîne de personnes inter-reliées. Je suis restée impressionnée de tout ce qui avait été accompli grâce à notre geste, et j’étais heureuse de savoir qu’aider autrui n’est pas toujours un geste que l’on accompli en vain !

Voici (plus bas) le courriel que Julisa nous a envoyé. Je vais d’ailleurs lui répondre dès demain. Peut-être que finalement nos vies resteront liées pour toujours, car malgré le temps qui s’est écoulé, je sens que Julisa est très reconnaissante et pleine de gratitude pour le geste qu’elle a un jour reçu … de nul part.

Je tenais à partager cette histoire avec mes enfants et amis. Leur dire qu’il faut toujours aider son prochain, et ce même si nous ne pouvons offrir qu’un grain de sable. Ce n’est pas énorme ce que nous avons fait pour Julisa, mais ce qu’elle a pu accomplir grâce à cette aide … ÇA c’est grandiose. Car en plus, cela lui servira toute sa vie !

Un énorme merci à toutes les bonnes âmes sur cette Terre, lesquelles sont toujours en train d’aider autrui. Je connais beaucoup de personnes qui ont ce don, et parmi elles, ma mère. Ma mère qui, malgré son âge avancé, continue d’aider sa communauté. Je crois que les valeurs de la vie qu’elle a su nous transmettre sont hyper importantes. Mais le plus important, c’est d’aider son prochain : sans savoir qui il est, ni d’où il vient. Tout ce qu’il y a à savoir, c’est que cette personne à besoin d’un petit coup de pouce … Aidons-là !

Lettre de Julisa

Bonjour !

J’espère que vous allez bien tous les deux. Je tenais à vous dire que je ne vous oublie pas, et que je pense souvent à vous, ainsi qu’à Madame Ana.

C’est derniers temps, beaucoup de choses se sont passées, et je voudrais vous les compter …

En juillet dernier, j’ai obtenu mon diplôme, et je suis maintenant une professionnelle. Depuis avril, je travaille dans une entreprise de marketing à Santiago. Et grâce à mes efforts, j’ai obtenu un poste permanent.

En ce qui a trait à ma famille, tout le monde va bien. Mon père a été gravement malade et hospitalisé, mais il est de retour à la maison depuis aujourd’hui.

Je vous compte également que l’année prochaine,  ma soeur étudiera en publicité. Cela a rendu ma mère extrêmement heureuse.

Pour ce qui est de la maison, la reconstruction va bon train. Et ça avance encore plus rapidement, maintenant que je peux aider financièrement.

Encore une fois, je veux vous dire que je suis extrêmement reconnaissante de l’aide que vous m’avez apporté, au moment de ma vie où j’en avais le plus besoin.

J’espère avoir de vos nouvelles.

Bisous et calins !

Julisa.

Quelle belle et inspirante histoire, n’est-ce pas ?

Je suis personnellement très fier de mes parents et du geste qu’ils ont posé. Un geste qui a permis concrètement d’aider plusieurs personnes. Je ne dis pas qu’il faut arrêter de donner aux organismes comme la Croix Rouge, mais voyez à quel point l’on peut changer la vie de gens, par de simples gestes.

Je remercie mes parents pour ce bel exemple et ces belles valeurs. Valeurs que je chérirai également pour le reste de ma vie. Ils ne le savent peut-être pas, mais ce simple geste qu’ils ont posé aidera peut-être beaucoup d’autres personnes. Car en partageant cette histoire, peut-être touchera-t-elle d’autres bonnes âmes, peut-être vous touchera-t-elle vous, lecteurs ? Et peut-être que cela vous incitera à aider d’autres personnes dans le besoin. Souhaitons-le !

Surtout n’oubliez jamais … « Un petit geste, peut changer le monde ! »

5 décembre 2011 - Publié par | Culture, Opinions diverses

3 Commentaires »

  1. Quel bel hommage frero!!!!!Mes parents ont tjrs été guidés par leurs principes et leurs idéaux. Je pense que je ne pourrais jamais décrire ou exprimer l’amour que j’ai pour eux. Los quiero con todo mi alma!!!!

    Commentaire par Camilo Real Villalon | 7 décembre 2011 | Répondre

  2. D’autres commentaires recueillis sur Facebook.

    Anne-Marie Aliatas (6 décembre 2011)

    Octavio!

    Venant de tes parents ca ne me surprend pas. J’ai lu cette lettre et juste penser à eux me fait pleurer. Ce sont les personnes les plus incroyables que j’ai rencontré.

    Je les aime de tout mon coeur et ils ont marqué ma vie pour toujours. Je suis choyée d’avoir rencontré des gens ainsi.

    Bisou à toi et à eux!

    Sonia Jean (6 décembre 2011)

    Ha wow! Tes parents ont vraiment de belles valeurs Octavio! En espérant que de plus en plus de gens prennent exemple sur eux! Continues d’être fier car tu as bien raison! :) ))))

    Commentaire par hotkimo | 6 décembre 2011 | Répondre

  3. Je me permet d’afficher quelques commentaires sur cet article qui ont paru sur d’autres médias sociaux, comme Facebook et Twitter.

    Octavio Real Irribarra (Facebook, 5 décembre 2011)

    Gracias hijito lindo, esta muy lindo lo que escribiste, te quiero muchisimo. Tu tambien eres un lindo ejemplo para mi y tu mama. Un beso y un fuerte abrazo, te quiero mucho!!!

    Erika Parcera Cortes (Facebook, 5 décembre 2011)

    que belleza:)

    Caroline Traversy (Facebook, 6 décembre 2011)

    Tu as de quoi être fier de tes parents! C’est remarquable ce qu’ils ont fait. Bravo à eux!

    jjparej (Twitter, 5 décembre 2011)

    très belle histoire merci de l avoir partager

    LorrainePellet1 (Twitter, 6 décembre 2011)

    Merci de partager cette lettre c’est quelque chose de petit et en même temps combien grand

    neighboursworld (Twitter, 6 décembre 2011)

    J’ai été très touchée par cette histoire! Il est rare de voir autant de bonté de nos jours! Tes parents sont vraiment un modèle. Tu dois vraiment être fier de tes parents! :)

    Commentaire par hotkimo | 6 décembre 2011 | Répondre


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